Quand parler de dysgraphie ?

Définition

La dysgraphie désigne un trouble du geste graphique, une difficulté dans l’acquisition ou l’exécution du geste de l’écriture.

Pour Julian de Ajuriaguerra (1911-1993) neuropsychiatre français : l’enfant dysgraphique est « un enfant chez qui la qualité de l’écriture est déficiente, alors qu’aucun déficit neurologique important ou intellectuel n’explique cette déficience ».

Petite histoire de l’échelle de dysgraphie

Dans les années 50, Hélène de Gobineau (graphologue) et René Perron (psychologue) mettent en place une échelle graphique permettant de mesurer les composantes de l’écriture et créent les bases du système graphométrique.

Dans les années 60, Julian de Ajuriaguerra (1911-1993) neuropsychiatre français reprend ces travaux et élabore une échelle de dysgraphie (dite échelle d’Ajuriaguerra) qui distingue deux composantes de l’écriture :

  • des items liés à la motricité : l’échelle EM qui renseigne sur sa gestion des émotions et pulsions.
  • des items liés la forme de l’écriture : l’échelle EF qui renseigne sur la maturité affective et l’autonomie de l’enfant.

L’étude de l’écriture se fait suite à une dictée et les items sont cotés de 0 à 1. Les scores obtenus permettent le calcul d’un âge « graphomoteur » des enfants de 6 à 12 ans, ce calcul est comparé à un tableau et donne le degré de dysgraphie de l’écriture.

La classification de J. de Ajuriaguerra propose 5 modèles de dysgraphie :

  • les dysgraphies molles ;
  • les dysgraphies lentes et précises ;
  • les dysgraphies impulsives ;
  • les dysgraphies raides ;
  • les dysgraphies maladroites.

Cette échelle est utilisée par les graphothérapeutes mais reste subjective car relativement dépendante de la personne qui évalue l’écriture. Elle permet néanmoins de repérer des particularités de l’écriture : mauvaise gestion des espaces entre les lettres, les mots, des levées de stylo inutiles, la présence de saccades, de tremblements…

Dysgraphie et rééducation

Il n’est pas obligatoire de faire établir un diagnostic de dysgraphie pour suivre une rééducation.

Il s’agit avant tout d’une démarche personnelle pour répondre à un « mal d’écrire », écriture illisible, douloureuse ou qui demande beaucoup d’investissement pour un rendu souvent décevant…

Pour les enfants, ce sont souvent les remarques répétées de l’enseignant concernant le soin, la lenteur de la copie, l’illisibilité qui amènent les parents à rechercher une solution.